La Pierre Brunehault
El Pierre Brun’hault
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« Qui suis-je ? Caressez-moi, vous verrez le côté rugueux de mon grain. La pierre que je suis n’est pas aussi fine, aussi froide que le marbre du Tournaisis. Je suis en grès, issu de nos sols. Il s’est formé dans des sables de mers maintenant disparues, il y a 65 millions d’années. Des hommes l’ont extraite puis relevée, il y a quatre mille ans, au temps de la préhistoire, soit à l’époque des premières pyramides. Pourquoi ? on ne le sait pas. Je mesure trois mètres de large, plus de quatre mètres de haut et 0,60 m d’épaisseur, soit la longueur d’un bras. Autour de moi, quatre peupliers montent la garde et gémissent parfois sous le vent venu de l’ouest. Leur écorce est dure mais encore vierge de fâcheux graffiti. En suivant ce chemin herbu, bordé de labours et de prés, on arrive à un carrefour avec un sentier rectiligne. Celui-ci a repris le tracé d’une route romaine qui allait de Boulogne à Bavay en passant par Tournai. Elle porte le nom de Chaussée Brunehault, celui d’une reine née il y a près de 1500 ans, dans d’autres contrées, et donc bien postérieure à l’époque romaine ! Écart de quatre cents ans ! Erreur des gens de ces temps. Dans certaines bandes dessinées, on voit un gaulois qui vivait au dernier siècle avant notre ère, portant sur son dos une pierre pointue. Erreur actuelle !
En cherchant bien, on ressent sur ma surface des bosses, des trous, des rainures diverses. Fantaisies de la nature, ou oeuvres humaines, représentant Jésus ou la Vierge ? Autre oeuvre de l’imagination humaine ! Parfois, on entend les cloches de l’église de Hollain, le village le plus proche.
Je suis la Pierre Brunehault, le plus beau menhir de Belgique… »
« Qui qu’ch’est que j’sus ? Faites-mi des douchètes, vous verrez l’côté cabocheux dé m’grain. L’pierre qué j’sus n’est pan aussi fin.ne, aussi froite qu’el marpe du Tournaisi. J’sus in grès, vénant d’nos tchierres. Y s’a formé dins des sapes des mers achteures disparues, y’a soixante-chinq millions d’ainnées. D’z’heommes l’eont estraite par après erlieuvée, y’a quate mille ans, du temps d’el préhistoire, soit au momint des prun.mières pyramites. Pouquoi ? in ne l’sait pan. J’mésure treos mètes ed’larque, pus d’quate mète dé heaut et 0,60m d’épaisseur, soit el longueur d’un bras. Tout alintour dé mi, quate blanc-beos montent el garte et waigntent alfeos sous l’vint vénu d’l’ouest. Leu n’écorche y’est durte mais acore vierche d’imbêtant gribouillaches. In sieuvant c’kémint d’hierpe, bordé d’camps et d’patures, in arrife à n’un carrefour avec eine piéchinte rectiline. C’ti chille y a orpris l’tracé d’eine route romaine qu’y alleot d’Brunehault à Bavay in passant pa Tornai. Y porte l’neom d’el Chaussée d’Brunehault, l’ceu d’eine reine née y’a achteure pus d’mille chinq chint ans, dins d’eautes contrées, et deonc bin pus tard qu’ à l’époque romaine ! Eine différince d’quate chint ans ! Flinke des gins dé c’temps-là. Dins certaines bantes dessinées, in veot un gaulois qui viveot au dernier sièke d’no n’ère, trinqu’ballant d’zeur s’deos eine pierre pointue.
Flinke d’achteure !
In cachant bin in ersint d’zeur em n’étindue des boches, des treos, de rainures différintes. Fintaisie d’el nature, obin oeuvres humaines, erprésintant Jésus obin la Vierche ? Aute oeuvre d’l’imaginatieon humaine ! Alfeos, in intind les clokes d’l’églisse d’Hollain, el village l’pus proche. J’sus l’Pierre Brun’hault, l’pus bieau ménhir d’Belgique…. »
Où me trouver ?
Dusque ché qu’in peut m’démucher ?
